Nice 2009, 2330 triathlètes sont devenus Ironman

Nice 2009, 2330 triathlètes sont devenus Ironman
Ironman ...

2330 le sont et j'en fais partie.
La différence avec n'importe quelle course que j'ai pu faire est que quelque soit la place, quelque soit le nombre de gens qui te dépassent, tu ressens une grande satisfaction et fierté. Satisfaction et fierté d'en finir avec un tel évènement lorsque tu franchis la ligne d'arrivée.


Mon défi ...

Le pari était osé mais le contrat est presque rempli.
3 mois jour pour jour pour préparer un Ironman et le réaliser en 9h30 (56'/5h12/3h15 +T1/T2). Tout cela après 8 mois de coupure et en ayant réalisé comme course la plus longue jusqu'alors, de simples CD ...
3 mois de préparation à raison de 15h par semaine en suivant un entraînement « optimisé ».


Ma course ...

Aux environs de la 100e place à la sortie de l'eau (58'21 rapportés à 55'30 au prorata de la distance réelle (une bouée a été déplacée d'environ 200m par le flot des vagues)), je me fais doubler par des paquets entiers sur le plat qui amène à la première difficulté (20e km). De là commence 50km d'ascension. 500m à 12%, quelques parties à 6/7% mais la majorité en faux plat montant à 2/3% pour finir par le col de l'Ecre (19km à 7%). Col de l'Ecre que je franchis environ à la 30e place.
Puis c'est de nouveau l'autoroute, ça passe de tous les côtés. Mon manque de puissance sur le plat est rédhibitoire.
Une petite ascension de 7km à 7% et un pied énorme dans la dernière « vraie » descente me permettent tout de même de prendre beaucoup de plaisir. Plaisir quelque peu entaché par M. l'arbitre qui trouve le moyen de m'infliger une pénalité pour un virage coupé ... Sans mise en garde, sans avertissement, directement sanction ! Et au 140e qui plus est. Bref, dans l'état d'esprit d'accepter ce que l'on ne peut changer, je me concentre jusqu'au retour au parc à vélo où je passe par la case prison qui bien que ne me faisant pas perdre 20 000¤, ajoute quelques 6min à mon temps de transition T2.
Au fait, le temps vélo, 5h13'23. Je suis dans les clous !!!

Et là, c'est le drame !
Je suis trop bien. J'ai l'impression de n'avoir rien fait, j'essaie de ralentir l'allure le plus possible mais j'ai la sensation qu'il faudrait que je marche alors !!!
Malheureusement, au 5km, première référence chronométrique, je comprends bien vite que le marathon va être long ... 20'30, sur les bases de 2h50 !!!
Je ralentis et passe en 43'30 au 10 mais ça ne suffira pas et au 15e, c'est l'explosion nette et sans bavure. Je cours à 9/10 km/h complètement à l'arrache. Je passe au semi en me demandant si j'allais finir ... Au 22e, l'énergie est revenue et je cours à 12 à l'heure jusqu'à l'arrivée. Arrivée que je franchis 70e en 9h53'08, heureux de faire moins de 10h.


Mon ressenti

Une natation longue pour le peu d'entraînement, un vélo bien trop plat et un premier marathon difficile à gérer.
Mis à part les sensations intrinsèques à chaque discipline, c'est vraiment la gestion de mon effort que j'ai envie de mettre en avant. Je n'ai jamais écouté que mon ressenti. J'ai toujours avancé à l'allure que j'ai choisie, en faisant abstraction des personnes alentour. Mes temps m'en donnent raison. Avec un peu plus de puissance sur le plat, 5h05 sur le temps vélo était largement jouable. Mais avec des si ... j'aurais gagné la course avec au moins 10min d'avance sur Zamora !!! Et facile en plus !


Satisfaction ou déception ?

Déçu bien sûr de ne pas avoir su gérer ce début de marathon qui me conditionne pour toute la course à pied. Déçu d'autant plus que sans la pénalité, je serais très certainement parti beaucoup moins « frais » et j'aurais certainement pu mieux gérer. Les déceptions sont seulement mathématiques alors que les satisfactions sont à la fois émotionnelles, sensorielles et intellectuelles.
Tellement de satisfactions.
Satisfaction d'avoir fini ce qui représente LA référence dans le monde du sport. Et au badaud qui demande : « Ah ouais, tu fais du triathlon ? Et l'Ironman, tu l'as déjà fait ? », de pouvoir enfin lui répondre : « ET OUAIS MON POTE !!! ».
Satisfaction d'avoir partagé pendant la course des regards qui disaient « on va le faire » et après la course « on l'a fait ». Partagé avec mon père et de nombreux amis.
Satisfaction de finir en bonne santé car hormis quelques courbatures, je n'ai pas l'impression d'avoir fait une telle course.
Satisfaction d'être revenu sur l'aire d'arrivée et de vivre l'émotion ressentie par tous les finishers. Une émotion très forte. Une émotion qui te fait réaliser ce que tu as fait, ce qu'ils ont fait et l'amour qu'ils ont pour leur entourage. Les enfants dans les bras, les chéries qui accueillaient leur héros et même un des Ironman qui franchit la ligne avec un Tshirt, « Céline, veux-tu m'épouser ? ».

Comment ne pas être satisfait ?

JE SUIS UN IRONMAN ;-)
# Posté le jeudi 02 juillet 2009 13:00

Ironman France – 28 Juin 2009 – 6h30 – Départ pour une belle journée

Ironman France – 28 Juin 2009 – 6h30 – Départ pour une belle journée
Je ne m'étais jamais inscrit à une compétition avec autant d'avance et préparé en si peu de temps. Et pourtant j'ai le sentiment d'être prêt.
Je retrouve petit à petit l'harmonie entre les différents secteurs de ma vie et cela me procure une sérénité qui fait que je me sens bien.

12 semaines de préparation viennent de s'écouler. Du doute à l'envie je suis passé à plusieurs reprises. J'ai essayé d'écouter au maximum mes sensations, aussi bien physiques que psychologiques.
J'arrive détendu et confiant au départ d'une épreuve qui reste un mythe : un IRONMAN !
Sur le parcours de l'ancien triathlon LD de Nice qui a vu défiler les Allen, Lessing, Barel, Van Lierde, Molinas filmés en direct sur TF1. C'était le bon vieux temps.
C'est maintenant à moi d'écrire l'histoire. Non pas l'histoire du triathlon, ce serait mal placé et prétentieux, mais MON histoire, mon chemin, vivre ma propre expérience.

Dompter la houle méditerranéenne, gravir les cols niçois, fouler la promenade des anglais. Utiliser les mêmes routes et emboîter le pas à des milliers de triathlètes qui sont déjà passés par là. L'émotion ressentie doit être grandiose. Je le souhaite.

Le résultat ?
Il sera ce qu'il sera. L'objectif, je le ressens bien aujourd'hui, est de découvrir quelque chose de différent, quelque chose qui m'est inconnu jusqu'à présent, une partie de mon moi profond, encore inexploré.
L'échec n'existe pas. Je pars l'esprit libéré, je ne ressens aucune pression. Je n'ai rien à perdre, j'ai tout à gagner. Je ne gagnerai peut être pas de slot pour Hawaï mais la source intarissable d'émotions que me procurera cette journée est une récompense bien plus gratifiante.

La vie est belle, soyons heureux de pouvoir choisir, de pouvoir vivre des expériences multiples et riches en émotion. Le partage est tellement bon.
Partage que j'ai pu ressentir ce dimanche avec le titre de Champion de Bretagne par équipe en compagnie de mes coéquipiers. Merci les gars pour ce moment d'effort commun. La cohésion, l'entraide, ce sont des valeurs tellement fortes.

Pour ceux qui veulent suivre la course en direct dimanche, c'est possible sur le site http://www.ironmanfrance.com/ où en sélectionnant le dossard 377, vous pourrez avoir tous les temps intermédiaires.

Bonne semaine à tous.
Ces quelques lignes sont les dernières dans l'état actuel des choses. En effet, la prochaine fois que j'écrirai sur ce blog, je serai peut être un Ironman ...

# Posté le lundi 22 juin 2009 15:58

Seconde victoire et début de la célébrité ...

Seconde victoire et début de la célébrité ...
Ce weekend fut chargé en activités.
Après une semaine de coupure complète pour cause de démotivation totale (j'ai même remis partiellement en question mon déplacement à Nice), je me suis retrouvé sur la ligne de départ du triathlon de Lannion, deuxième manche du sélectif régional D3.

Signalons que la veille, j'ai encadré un stage que j'ai organisé pour les jeunes afin de peaufiner les techniques mais surtout de créer une cohésion de leur effectif. Une journée autour des trois activités avec l'enthousiasme de jeunes motivés et volontaires. C'est si bon.

Pour en revenir à la course, une natation en rivière dans une eau dépassant légèrement les 13° (François, je t'admire !) où je suis sorti des eaux avec un écart tout à fait raisonnable sur la tête.
Le vélo, très bosselé était complètement adapté à mes compétences cyclistes. J'ai pris la tête au 6e km dépassant mes coéquipiers qui allaient eux aussi faire une belle course d'équipe. Des sensations géniales durant tout le parcours. Aucun ennui, toujours une relance, un virage, une côte, une fille à dépasser ...
J'établis le premier temps vélo et devant mon pote Toni Huet, ancien cycliste Elite 2. Bon d'accord, il est en retraite mais quand même !
S'ensuivit la course à pieds avec le premier temps également mais des sensations différentes. Je vais devoir apprendre à courir en dedans. Je gagne avec 1'40 sur le deuxième.
Je rappelle juste que je n'avais strictement rien fait la semaine précédant l'épreuve. La motivation et l'envie sont les maîtres mots de la performance. Il faut savoir écouter son corps mais il faut aussi savoir écouter ses humeurs.

Pas le temps de perdre du temps.
Il faut repartir pour être à l'heure dans les studios de France Bleue Armorique. Direct à la radio grâce à Cédric qui nous fait l'honneur de nous inviter pour parler du club.
Emission ici
Passage vers 38'

On enchaîne ensuite, on n'est pas des triathlètes pour rien avec le studio de TV Rennes pour un autre direct. Un plateau télé ailleurs que devant la TV. DANS la TV !
Une très bonne expérience avec un bon support de communication grâce à une émission où le triathlon a été mis en valeur.
Vous pouvez vous rendre compte par vous-même ici

Cette semaine, je repars encore plus motivé pour l'Ironman de Nice dans 3 semaines ;-)
Apprendre à être patient, je disais ? Ne pas vouloir bousculer les choses ? Oui, c'est ça. Plus que jamais, la réalité donne raison à la théorie. Réalité qui n'est pas toujours facile à vivre certes, mais qui est tellement agréable à partager par moments qu'il serait dommage de s'en priver.

Je vous embrasse. Pourquoi ? Parce que j'en ai envie :-)

# Posté le lundi 08 juin 2009 09:48

Compétition synonyme de motivation ?

Compétition synonyme de motivation ?
Il y a 3 semaines déjà, j'ai participé au 2ème tour des interclubs pour la Finale N1A et une possible accession à la division Elite. Une course menée comme deux semaines auparavant mais quelques 20" plus vite pour établir un nouveau record en 15'36 (dernier 3000 en 9'16, dernier 1000 en 3'03).
Deux jours plus tard une séance de 100 bornes avec 1500m de dénivelé en 60km et encore deux jours plus tard, un autre nouveau record, une sortie de 200km !!!

Le weekend suivant, j'ai accompagné les jeunes du club au championnat de France (résumé ici). Une organisation bien menée et le plaisir de voir des jeunes investis dans leur réussite. Le contraste est saisissant entre les premiers, véritables « pros » et ceux qui sont là pour leur première compétition de haut niveau.
En tant que formateur, c'est vraiment cela que je trouve intéressant. Faire progresser un jeune pour l'amener à atteindre la pleine mesure de son potentiel tout en conservant l'envie et le fraîcheur de sa première fois.

Et puis ce weekend, retour sur Bordeaux pour les 40 ans d'un ami. Sylvain, si tu regardes ;-)
L'occasion de prendre mon nouveau vélo, un Scott bien sûr et de saisir l'opportunité de participer au Triathlon CD de Mimizan. Une des courses les plus populaires de France avec plus de 1000 athlètes sur le weekend.
Dédicace à mes amis de Bouliac qui sont devenus Champions d'Aquitaine par équipe ! Félicitations les gars. L'homogénéité, la bonne humeur et le plaisir de participer sans pression, ça paye. 4" sur le 2ème en plus, ça me rappelle des souvenirs ... (Mimizan 2005, devant Carbon Blanc, dédicace DV ;-)).

Revenons sur le CD où j'ai eu la joie de retrouver Manu qui m'avait accueilli deux semaines plus tôt à Blois. Le triathlon permet de garder le contact avec des personnes à travers la France et même au-delà des frontières. C'est cela aussi qui fait la beauté de notre sport.
La course quant à elle, allait me servir de support pour l'entraînement. En effet, je voulais m'appuyer sur un effort de longue durée afin de préparer Nice. Je me suis donc fait déposer à 70km du lieu de la course. Les mains en bas du guidon, concentré sur les longues lignes droites que constituent les routes des Landes, j'arrivais à la voiture relais avec un petit 36 de moyenne.
Sur la course, mon seul entraînement natatoire hebdomadaire me permit de ne sortir qu'à 3' de Bignet. Plutôt satisfait. Le vélo fut une toute autre paire de manche.
Pas de force, impossible d'amener du braquet, je me contente de tourner les jambes et de limiter les dégâts (et dire que le padre fait un meilleur temps vélo que moi, de 4", je vais l'entendre ...). Après m'être fait rejoint au 18e par un groupe de 6 ou 7 dont le Geof, on roule réglo jusqu'au 28e jusqu'à ce qu'un arbitre nous mette un carton noir pour nous autoriser à drafter. Carton par anticipation. Plus d'arbitres ensuite, ils étaient au bistrot pour boire une mousse j'imagine. Désolant !
La course à pieds pour finir où je réalise un des tous premiers temps. Des sensations correctes après 110 bornes sur la selle. Un top 10 et une petite prime augmentent encore la satisfaction de cette belle journée.

Comme si chaque course me permettait de me remettre dans le bain. Etre entouré de personnes que je porte dans mon c½ur et que je me réjouis de voir et de revoir, dans un milieu que j'affectionne particulièrement : le monde du triathlon.
Il en ressort quand même une petite frustration : le fait que ce moment ne dure que quelques heures. Même si quelque part, c'est certainement cela qui rend les choses si fortes.

# Posté le lundi 01 juin 2009 09:16

Deux weekends de compétition et un plaisir retrouvé

Deux weekends de compétition et un plaisir retrouvé
Dimanche dernier avait lieu le premier tour des interclubs d'athlétisme. A cent mille lieus de penser à cela dans l'expectative de ma préparation pour l'Ironman de Nice, j'ai tout de même participé à ce challenge.
Je ne pensais pas avoir de licence d'athlétisme cette année, les enjeux interclubesques en ont fait autrement ...
Cela m'a quand même valu de revoir des gens qui me sont chers (Cylou, Yo et Manu principalement mais aussi tous les autres potes de l'AJBO) et de passer un weekend de fête autour d'un stade. Toutes les occasions sont bonnes à prendre pour ressentir des pensées positives. Merci à tous d'avoir partagé ces moments.

Pour ce qui est de la course, une légère brise souffle sur le stade, des dizaines de supporters se trouvent autour de la piste et une poignée de concurrents sont au départ de la course la plus longue de la journée. Une odeur d'adrénaline est dans l'air, le départ est proche.
Les coureurs avancent jusqu'à la ligne, les yeux rivés vers le sol, ils sont sous les ordres du starter. Tous sont prêts à s'élancer. Moi aussi du coup.

Le coup de feu retentit, le départ est donné.
Je pars dans les dernières positions choisissant de faire une course « à revenir ». Le pied sûr, le buste bien droit, fier de courir, heureux de courir. L'allure me convenant, j'accélère petit à petit. La fréquence de foulée s'accentue, le c½ur se met à battre de plus en plus fort, je double un à un les concurrents partis trop vite et continue sur ma lancée.
Je sens mes pieds rebondir sur la piste tels ceux du kangourou dans le bush, je me sens bien. Les chronos sont dans la mesure de ce que j'attendais. Plus que deux tours maintenant, cette course d'accélération me permet de relancer encore un peu l'allure pour venir titiller les hauts plateaux cardiaques. La barre au plexus, le rictus sur mon visage trahissent le fait que je suis tout bonnement en train de « m'arracher la gueule » pour casser la barre des 16'.

15'56, record personnel, établi comme tous mes records en athlétisme (2'36 au 1000, 4'08 au 1500, 8'52 au 3000, 31'20 au 10FFA) sans aucune préparation spécifique.
Record du club établi aussi lors du premier tour avec 54 322 points et l'accession à la finale N1A (donc un maintien assuré).
Retour le weekend prochain, à Blois toujours pour une grande fête du sport !

Grande fête du sport vécue aussi ce weekend dans mon nouveau fief à Rennes lors du triathlon de Rennes.
Pour faire court, l'épreuve sprint servait de support à la qualification pour la D3. Une première épreuve qui allait déterminer les forces en présence au sein de notre collectif. Au final, une magnifique victoire par équipe devant le club voisin concurrent, mais aussi et néanmoins ami, Cesson Sévigné.
Beaucoup de pression au départ avec la volonté de bien faire à domicile et sans repère par rapport à la natation. Au final, un très bon vélo et une très bonne course à pieds me permettent d'obtenir ma première victoire cette année.

Les deux dernières semaines ont été difficiles au niveau de la motivation et j'ai la sensation que cette victoire me donne un autre souffle. Tant mieux.
Rester à l'écoute de ses sensations et de ses envies, c'est comme cela que je ressens le sport, c'est comme cela que je ressens ma vie. Ne pas vouloir aller trop vite, rester en phase avec le cycle des choses, apprendre à être patient.

PS :
Article sur le site du club ici
Passage à la radio à partir de 38'30 ici

# Posté le lundi 11 mai 2009 11:28
Modifié le lundi 11 mai 2009 11:50